
L’effeuillage burlesque, un chemin vers soi
Danseuse de formation, art-thérapeute et fondatrice de l’École Fémini’T à Lyon, Ophélie Carré donne des cours d’effeuillage burlesque à Lyon depuis 2016. Derrière les plumes et les paillettes, elle défend une idée à rebours des clichés : l’effeuillage n’est pas un art du regard, mais un chemin vers soi. Reconnexion à la féminité, confiance en soi, rapport au corps — elle accompagne aujourd’hui des centaines de femmes, et ouvre un cabinet dédié à l’intimité et à la sexothérapie. Rencontre.
De la danse à l’art-thérapie, jusqu’à l’ouverture de votre cabinet de sexothérapie : comment les étapes se sont-elles enchaînées ?
Tout a commencé par la scène. Je suis tombée dedans toute petite, avec ma famille… puis l’effeuillage burlesque a été une vraie rencontre, un coup de foudre, pendant mes études d’art-thérapie et ma formation professionnelle de danseuse. Ça a été un véritable déclic : il m’a permis de concilier mon envie de développer la danse-thérapie avec mon amour de la danse. Passionnée de féminité et de danses sexy, j’y ai trouvé un équilibre parfait.
J’ai ouvert l’École Fémini’T en 2016, une petite école à Villeurbanne, puis quelques années plus tard j’ai déménagé au cœur de Lyon, dans mon propre cabaret, Ô Boudoir. Au fil des années, en accompagnant des centaines de femmes, j’ai compris que mon travail dépassait la danse. L’effeuillage burlesque remue des sujets profonds : le rapport à la féminité, à la sensualité, à l’intimité, à la sexualité. J’ai donc complété mon parcours par des formations en sexothérapie, en tantra et d’autres approches, pour accompagner toujours plus loin les femmes qui viennent à ma rencontre.
Beaucoup de femmes associent l’effeuillage à la séduction ou au regard des autres. Pour vous, de quoi s’agit-il vraiment ?
Contrairement à ce qu’on imagine, l’effeuillage burlesque n’est pas d’abord tourné vers le regard de l’autre — il est tourné vers soi… Il s’agit de trouver son alter ego burlesque : qui ai-je envie d’être sur scène, quelle facette de moi j’ai envie d’explorer et de faire briller ? C’est avant tout apprendre à se séduire soi-même, se prouver à quel point on peut être belle et séductrice — mais chacune à sa façon. La scène vient après, comme une consécration, comme un moteur qui nous donne envie de créer encore et toujours plus de personnages, encore et toujours plus de facettes de notre personnalité à paillettes.
Vous parlez souvent d’« oser » et de dépasser ses complexes. Comment la danse devient-elle un chemin de confiance et de reconnexion à soi ?
Quand une femme ose un mouvement qu’elle pensait impossible, ou qu’elle se voit autrement dans le miroir grâce à une nouvelle posture, une démarche plus travaillée, des costumes, un maquillage… quelque chose se débloque. Car pour une fois… elle se trouve belle ! Et pourtant, ses complexes sont toujours là ! On n’a rien gommé. On a juste appris à se voir différemment, et à prendre conscience de ce dont on est capable !
Vous êtes aussi art-thérapeute. En quoi ce regard nourrit-il votre façon d’enseigner — qu’est-ce que cela change par rapport à un « simple » cours de danse ?
Mon approche n’est pas seulement technique. L’art-thérapie m’a appris que le corps raconte quelque chose, que le mouvement peut réparer, qu’une posture peut sublimer, que la sensualité… ça s’apprend ! Je travaille beaucoup le mouvement sensuel : il permet aux femmes de lâcher prise sur le mental, pour se connecter à ce qu’elles voient, ce qu’elles entendent, ce qu’elles ressentent, et bien sûr à leur façon de danser !
Vous ouvrez prochainement un accompagnement en féminité et sexothérapie. Comment passe-t-on de la danse à un travail plus intime, sur la confiance et le plaisir ?
C’est une suite logique de ce que je fais depuis des années. Le travail du corps en danse ouvre des portes, et certaines femmes ont envie d’aller plus loin — vers leur intimité, leur rapport au plaisir… Le Cabinet d’Intimi’T est né de ce besoin. J’y propose un ensemble d’outils que j’adapte en fonction de la demande, pour travailler la féminité, la sensualité et la sexualité. Cela peut aller de « j’aimerais me sentir plus féminine au quotidien » à « j’ai mal pendant les rapports sexuels », ou encore « je n’ose plus séduire… je ne sais plus comment faire »…
Si une femme hésite, persuadée que « ce n’est pas pour elle » — trop timide, plus toute jeune, pas le corps pour — que lui diriez-vous ?
Il ne faut venir que si cette approche vous parle. Aucune raison de se forcer. En revanche, si c’est « j’ai envie mais je n’ose pas » — alors osez… et vous verrez ! Il n’y a pas d’autre moyen de savoir que d’expérimenter. Sachez-le : il n’y a pas d’âge, de forme, d’apparence ou de façon d’être qui soit un frein à la pratique du burlesque. Au passage, je précise que les hommes sont également les bienvenus ! Que ce soit pour travailler leur part de féminité ou pour rejoindre nos cours de boylesque, l’effeuillage burlesque au masculin, pour lequel nous avons de plus en plus de demandes.